Un printemps très chaud

Editions du Seuil, paru en février 2008, traduit de l'arabe (Palestine) par Ola Mehanna et Khaled Osman (orig. Rabi' hâr, 2004)

Ce livre a attiré l'attention de plusieurs jurys littéraires:

Tout d'abord, il a été l'un des trois finalistes pour le Prix du Roman arabe, décerné à l'IMA en avril 2008, et a finalement remporté une Mention Spéciale du jury.

En novembre, il a obtenu le Prix des Lecteurs du Var 2008 décerné à un roman français ou étranger traitant de la Méditerranée. Un jury présidé par Paule Constant (prix Goncourt 1998) a d'abord sélectionné, parmi une liste d'une vingtaine d'oeuvres, trois ouvrages qui ont ensuite été soumis au vote des lecteurs. Un printemps très chaud a été plébiscité par les lecteurs qui lui ont accordé 70% de leurs suffrages, sur plus de cinq cents votes exprimés.

Extraits du livre

Critiques

Le blocus de la Cisjordanie par Israël en 2002 et son impact effroyable sur la population des Territoires Occupés, vus par le regard de la plus grande romancière palestinienne.

A travers le parcours contrasté de deux frères que rien ne prédestinait à affronter la tragédie, Sahar Khalifa décrit, sans concession aucune pour son propre camp, la diversité des réactions face à l'impitoyable rouleau compresseur israélien.

Recréée à partir du témoignage d'habitantes d'un quartier populaire de Naplouse, la narration nous met en présence de certaines de ces femmes qui supportent héroïquement la tragédie. L'une d'entre elles, Oumm Souad, appelle irrésistiblement le souvenir de deux passages du Captif amoureux de Genet:

Davantage en Palestine qu'ailleurs, les femmes me parurent posséder une qualité de plus que les hommes. Aussi brave, courageux, aussi attentif aux autres, tout homme était limité par ses propres vertus. Aux leurs les femmes [...] ajoutaient à toutes une dimension qui semblait sous-entendre un rire immense. (Folio, p.12).

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Afin de justifier la présence d'un Français, Nidal lui expliqua que j'avais été hébergé une nuit il y avait quatorze ans, chez cette femme et son fils. De passage à Irbid, je voulais la revoir si elle était vivante[...]

- Si vous me parlez de Hamza et de sa mère, elle est vivante. et même vous allez la voir, bien vivante.

Cela comme s'il eût dit, admiratif: trop vivante. (Folio, p. 569)

Le récit balaie les territoires hérissés de grillages et de check-points, depuis le village de 'Ayn el-Morjan jusqu'au chaudron de l'université de Bir Zeit, en passant par la vieille ville de Naplouse, puis Ramallah et le siège du président Arafat, dont quelques pages nous brossent un portrait à la fois ambigu et saisissant.

Un livre bouleversant.

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La foi des tournesols

Editions Gallimard ("du monde entier"), 1989, traduit de l'arabe par Alain Roussillon (orig. 'Abbâd al-Chams, 1980)

 

 

La suite de la Chronique du figuier barbare.

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L'impasse de Bab Essaha

Flammarion, 1997, repris en poche 10/18 en 2001, traduit de l'arabe par Youssef Seddik et Mohamed Maouhoub (orig. Bâb al-Sâha, 1990)

 

Extraits de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce roman a pour cadre un quartier de la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée par l'armée israélienne.

Ses héros sont trois femmes : Sitt Zakia, la vieille accoucheuse, Samar, la jeune diplômée, et Nouzha, dont la mère a été assassinée par les combattants palestiniens parce qu'elle était accusée de collaborer avec les Israéliens. Le neveu de Zakia, blessé lors d'un affrontement, se réfugie chez Nouzha et cette dernière, rejetée par tous, va peu à peu regagner sa place dans la communauté et aider elle aussi les combattants. Au fil des discussions et des récits de ces femmes apparaît la vie des Palestiniens dans ce pays mis en coupe réglée par l'armée israélienne, où chaque jour est marqué de descentes militaires, avec les ratissages, les fusillades, les morts que cela signifie.

Pour raconter la Cisjordanie occupée, Sahar Khalifa adopte le ton de la confidence, celui sur lequel les femmes, la nuit tombée, dans la chaleur moite d'une terre d'affrontement, expriment les craintes et les difficultés d'être femme tandis qu'au dehors résonnent les rires des enfants et le tapage des soldats. Un récit qui, à l'image des maisons de Naplouse, embaume le jasmin et la myrte, tout en traçant le portrait tragique d'un pays livré à la folie des hommes.

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Edition brochée

Edition poche

Chronique du figuier barbare

Editions Gallimard ("du monde entier"), 1978 (épuisé), traduit de l'arabe par Amina Rachid, Jamaleddine Bencheikh et Catherine Levy (orig. Al-Subbâr, 1976)

Extraits de presse


          



 

Aux premières pages de ce livre, nous voyons le jeune Palestinien Oussama, qui avait fui l'occupation, se présenter au poste de douane israélienne : il rentre au pays, à Naplouse, dans la Cisjordanie occupée, où l'attendent les siens.

En fait, nous le comprenons vite, Oussama a été chargé de mission par la résistance palestinienne de l'extérieur : il s'agit d'intensifier la lutte dans les Territoires occupés. A Naplouse, rendu aux siens en effet, il va cependant découvrir peu à peu la terrible, l'inextricable complexité des problèmes qui se posent aux Palestiniens de l'intérieur. Tous sont victimes, tous sont bafoués, opprimés, méprisés. Mais lesquels sont hypocrites ou lâches, lesquels courageux ou lucides, lesquels inconscients ? De qui peut-on dire qu'il se conduit justement? Serait-ce son oncle, notable passéiste, figé dans un nationalisme verbal? Serait-ce le cousin Adel, qui va travailler chez les Israéliens, qui donc "collabore", mais qui fait vivre ainsi toute la famille? Serait-ce uniquement le héros, celui qui cède à la colère et abat un occupant, sans souci des représailles démesurées qui vont s'ensuivre?

Oussama, jeune intellectuel, sent que ses discours sont vains. Ceux qui ne sont pas des héros ni des militants révolutionnaires se taisent, l'écoutent, le respectent sans doute, mais c'est avec une sorte d'affectueuse ironie qu'ils l'appellent "professeur"...

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