Le Caire

Photographies de Denis Dailleux

Introduction de Gamal Ghitany

C’est à une rencontre beaucoup plus contemporaine avec les habitants du Caire que nous invite Gamal Ghitany dans son texte introductif au livre sobrement intitulé Le Caire (Editions du Chêne).

Mécano ou soudeur, berger, cafetier ou éboueur, fellah, potier ou tanneur, ils sont là, réunis sous l’oeil complice du photographe Denis Dailleux. Anonymes ou célèbres comme le chanteur soufi Cheikh Yasin Al-Tuhami, dans le Café Fishawi ou dans le souk Khan el-Khalili, dans le quartier de la Gamâleyya ou dans la Cité des Morts, tous ces personnages offrent un regard confiant vers l’appareil complice.

Bernard MAGNIER, RFI, 28 février 2002.

Se laisser aller à la passion de Denis Dailleux pour Le Caire est un délice absolu. Ce photographe exigeant, ce grand coloriste adore partager son inclination charmante et tenace pour la grande métropole égyptienne. De là à penser qu’il allait nous faire un ouvrage aussi construit, aussi cohérent, aussi beau...

Le livre est là, et le petit peuple cairote déboule en majesté. Le vendeur de citronnade est désarmant de beauté, la générosité d’Ali, l’ami potier, saute à la gueule, la cité des morts révèle ses secrets et magies. La couleur et le noir et blanc alternent. Ce livre est doux comme la peau des deux gamins serrés l’un contre l’autre sur une même chaise, ou comme le sourire du garçon au turban. Denis Dailleux l’a visiblement conçu en état de grâce et il enchante tellement le monde qu’on n’a pas fini de s’en émerveiller.

M. J., l'Humanité, 29 décembre 2001,

Un garagiste sur son lieu de travail, une scène de hammam, un chanteur soufi, de jeunes apprentis, la rue Gamâleyya à l'aube, Ali, l'ami potier, et sa fille, Samar, le marché aux légumes... les clichés pleine page de Denis Dailleux, photographe de l'agence Vu, défilent, témoignant de la vie quotidienne du petit peuple cairote.

Empreints d'humanité, ils nous dévoilent ce monde cher à Naguib Mahfouz et à son «héritier», Gamal Ghitany, qui nous parle avec délice de l'ibn el-balad («fils du pays»), citadin typique du Caire, issu des milieux populaires, fier de son quartier, toujours prêt à rendre service et à passer des heures dans son café favori, lieu de vie et d'affaires sans égal.

Marianne PAYOT, l'Express, 6 décembre 2001,